Un nouvel espoir
par Christelle

Chapitre 1

Dieu qu’elle est belle, pensa Albert, belle, douce et si pleine de vie…Est-ce que je peux nourrir de tels espoirs ? Je suis son père adoptif maintenant, comment pourrais prétendre un jour à l’épouser si ce n’est en renonçant à ce rôle ? Mon dieu Candy , que ne donnerais-je pour que tu oublies Terry, Terry mon ami, Terry pour qui tu t’es si courageusement sacrifiée…

- Eh bien Albert tu rêves ?

La voix d’Archibald le ramena à la réalité.

- Non, je suis tout simplement fasciné par le joli papillon qu’est devenue notre Candy .

Le regard d’Archibald devint songeur aussi, il repensa à leur adolescence avecAlistair et Anthony et toutes les mésaventures qu’ils avaient vécues. Comment ils s’étaient chamaillés pour Candy .

- Mais dis-moi, Albert, il semblerait que notre petite Candy , toi non plus ne te laisse pas indifférent ?

- Voyons Archibalde ! Tu sais bien que Candy m’a toujours considéré comme un grand frère !

- Oui, Mais vois-tu Albert, Candy n’est plus une enfant, et lorsque tu as disparu la dernière fois, sa joie de vivre s’en était allée avec toi !

Albert sembla pour la première fois embarrassé depuis qu’Archibald l’avait rencontré. Archibald pensa qu’en effet il avait visé juste. Albert, le grand oncle William avait, lui aussi, succombé au charme de la tendre Candy. Il se demanda à quel moment il avait pu basculer de la simple tendresse à un sentiment bien plus profond. Ce fût Candy qui sortit Albert de cette conversation embarrassante.

- Eh bien les garçons ! C’est quoi ces cachotteries ? Vous savez qu’il n’est pas très poli de parler à voix basse alors qu’on est entouré, haha !

Candy respirait le bonheur et la joie de vivre en ce jour particulier où tous ses amis étaient réunis. Elle aurait tant aimé cependant qu’Anthony, Alistair, Patty et même Terry soient aussi présents. L’espace d’un instant son profond regard vert s’obscurcit ce qui n’échappa pas à Annie qui lui prit gentiment la main et lui dit :

- N’est-ce pas une merveilleuse journée Candy  ? Je suis sûre que ceux qui sont partis pensent très fort à nous, où qu’ils soient…

- Oui Annie, tu as raison, c’est la plus merveilleuse journée depuis très très longtemps, nous devons profiter de chaque seconde de cet instant magique.

Candy remercia Albert en pensées, Albert, son prince de la colline…Albert son protecteur de toujours, lui qui avait toujours été là pour elle…Le repas se termina dans la gaieté et les enfants partirent au lit pour faire la sieste car toutes ces émotions et cette gaieté les avaient épuisés. Annie et Archibald se proposèrent pour faire la vaisselle, Tom et Jimmy qui avaient beaucoup de travail à la ferme durent les quitter rapidement en promettant de revenir bien vite.

- Et toi Candy , qu’est-ce que tu souhaites faire ? demanda Albert, après tout cette journée est la tienne !

- Oh Albert ! Et si nous allions nous promener ? Ca ne vous dérange pas Mlle Pony, Sœur maria ?

- Bien sûr que non mon enfant ! Allez donc vous amuser !

Et Candy et Albert prirent le chemin de la colline où ils s’étaient rencontrés la première fois.

- Tu sais Candy , Il m’a été très difficile de te cacher si longtemps que nous nous étions rencontrés ici, j’avais toujours peur de perdre ma fausse barbe hahaha, qu’aurais-tu pensé de moi !

- Je pense que j’aurais bien ri, Albert ! La première fois que je t’ai vu avec cette barbe j’ai pensé que tu étais un grand-père !

- Haha, c’est vrai, alors qu’en fait, j’avais le même âge qu’Anthony !

- Et vous vous ressembliez tant !

- C’est vrai, Anthony était mon neveu…

- Je me rappelle que lorsque j’avais parlé de mon prince de la colline à Anthony cela l’avait rendu jaloux !

- Haha Candy , quel homme ne deviendrait pas jaloux en étant près de toi !

- Albert !

- Excuse-moi Candy , je te taquine encore.

- J’aurais pu savoir qui tu étais, le jour de la chasse à courre, si Anthony n’avait pas eu ce terrible accident, il m’avait parlé d’un autre petit garçon qui lui ressemblait et qui restait toujours avec sa mère.

- Oui, c’est vrai, à la mort de nos parents, ma sœur et moi passions beaucoup de temps ensemble, d’ailleurs tu as le même regard qu’elle, ces yeux si pétillants de joie et qui peuvent tellement bien exprimer tes pensées Candy .

- C’est ce que disait Anthony…

Candy pour la première fois rougit à un compliment d’Albert, mais ce n’était plus Albert, c’était son prince qui avait ressurgi du passé et tout se chamboulait dans les pensées de Candy , ne sachant plus très bien quelle attitude adopter, elle était partagé entre la timidité qui naissait d’être face à son tout premier amour et l’amitié profonde qui avait grandi entre eux durant la longue convalescence d’Albert. Candy s’allongea au pied du grand chêne. Albert, assis auprès d’elle prit sa cornemuse et lui joua un air…Mon dieu que de souvenirs cela éveillait en Candy , une colline, un jeune homme jouant de la musique…Petit à petit, les visages se superposaient et se confondaient dans cette mélodie douce et triste. Albert s’arrêta et contemplât Candy . Candice Neige André…

- Albert ?

- Oui Candy  ?

- Lorsque tu as quitté notre appartement de Chicago, j’ai eu tellement peur de ne plus jamais te revoir !

- Ne t’inquiète pas Candy , je serai toujours là !

Cette petite phrase innocente fit jaillir dans le cœur d’Albert une flamme d’espoir.

- Tu sais, je ne supporte pas les mots de séparation, cela me rappelle de bien trop mauvais souvenirs. Promets-moi que tu ne feras plus jamais cela.

- Je te le promets.

- Mais tu n’as pas tenu la promesse que tu m’avais faite quand nous avions pic-niqué au bord du lac à Chicago ! Tu m’as laissée seule ! Et puis Alistair est mort… !

Candy commença à pleurer, Albert hésita un instant, pris la prit doucement dans ses bras, dieu qu’il était bon d’avoir Candy dans ses bras, comme il voulait conquérir son cœur et effacer les longues années de peines. Il caressa doucement ses cheveux si doux dont le parfum lui rappelait les roses de sa chère sœur. Candy sentit la chaleur d’Albert, la caresse sur ses cheveux. Puis avec un geste d’une infinie douceur, il lui releva doucement le menton et la regardant avec une infinie tendresse lui dit :

- Tu es beaucoup plus jolie quand tu ris que quand tu pleures douce Candy , je te promets que je ne te ferai plus jamais de peine et que je ne te quitterai plus, si tel est ton désir.

- Oh Albert !

Albert dût faire résister de toutes ses forces pour ne pas embrasser les lèvres douces si proches à cet instant. Je dois résister…Je dois résister, d’abord conquérir son cœur, changer cette image de grand frère…Mon dieu, comment lui faire oublier Terry…Comment apprivoiser ce petit oiseau blessé ? Par la douceur, la compréhension, ne plus jamais la laisser seule. Terry l’avait conquise par ses taquineries, Albert la conquérrait à sa façon, comme il savait conquérir les animaux de la forêt.

- Dis-moi Albert, penses-tu que Neil va encore me harceler ?

- Eh bien Candy , un démenti concernant vos fiançailles a été publié, mais je dois encore rencontrer toute la famille Legrand, et Neil en particulier. Voudrais-tu être auprès de moi quand j’irai ?

- Je ne sais pas Albert…

- Ce sera l’occasion d’exprimer la raison pour laquelle tu ne veux pas l’épouser.

- Dans ce cas j’accepte.

- Bien ! Et maintenant quels sont tes projets ?

- Je ne sais pas encore Albert, j’aime beaucoup travailler à la clinique, mais j’aimais aussi beaucoup l’hôpital Sainte Joannah

- Tu pourrais travailler à mi-temps dans les deux ?

- Oh tu crois ?!!!

- Bien sûr, j’irai dès lundi à l’hôpital réparer les méchancetés des Legrand

- Oh Albert, tu as toujours été si gentil avec moi !

- Candy , tu mérites toute cette gentillesse, n’oublie jamais quel réconfort tu m’as apporté quand j’étais seul et amnésique et puis je n’ai jamais oublié la petite fille de la colline…

- Albert…

Candy vit pour la première fois Albert d’une façon très différente, il avait l’âge qu’aurait eu Anthony si…Anthony lui aurait-il ressemblé ? Albert était si beau dans son costume traditionnel, ses long cheveux blonds, son doux visage…Albert était là, lui tenant la main, une main douce, chaude... Il posait sur elle ce regard rêveur, d’une grande pureté. Et Candy se prit a espérer qu’il puisse la voir comme une femme, la femme qu’elle était devenue.

- En attendant, Candy , tu devrais prendre des vacances !

- Des vacances ?Mais je ne suis pas fatiguée !!! Candy le regarda avec de grands yeux.

- Oui ! Je vais passer ma semaine à mettre en ordre les affaires de la famille André et nous allons partir en vacances ! Nous n’avons jamais passé de vacances ensemble, n’est-ce pas ?

- Non …

- Eh bien, il temps de rattraper le temps perdu !

- Où allons nous aller ?

- Nous pourrions commencer par la Louisiane ?

- Oh ce serait magnifique Albert !

Rien n’est trop beau pour toi ma douce Candy , pensa-t-il. Mais déjà Archibald et Annie arrivaient, rompant le charme de leur tête-à-tête. Archibald les voyant allongés dans l’herbe, si proches, si complices, ne put s’empêcher d’avoir un pincement au cœur. D’abord ça a été ce fichu anglais et maintenant c’est Albert qui te monopolise Candy  ! Annie de son côté fût surprise et posa sur eux un regard interrogatif que Candy ne manqua pas de remarquer. Annie ne connaissait pas encore le secret de Candy et du Prince des collines.

- On ne vous dérange pas ? Fit Archibald.

- Bien sûr que non idiot !

- Candy et moi avons décidé de nous offrir une semaine de vacances en Louisiane!

- C’est magnifique !

- Peut-être voulez-vous vous joindre à nous ? Et Patty pourrait aussi venir ?

- Oh, fit Annie dont le visage s’éclaira de joie, oh oui !

- Eh bien puisque tout le monde est d’accord, nous pourrons partir dans deux semaines! Et toi Candy , tu devrais tout de suite envoyer une lettre à Patty pour l’inviter à Chicago, après tout ma chambre est vide et je suis sûr que toutes les deux aurez beaucoup de choses à préparer pour les vacances.

- Oh Albert, c’est vraiment une bonne idée !

Albert lui répondit par un clin d’œil. C’était la première fois de sa vie que Candy le voyait faire un clin d’œil.

Le soir à la maison Pony, Candy et Annie se retrouvèrent dans la petite chambre de leur enfance et purent à nouveau partager leurs secrets.

- Dis-moi Candy , n’as-tu pas remarqué comment Albert te regarde ?

- Oh Annie !

- Mais si Candy  ! Durant tout le repas, il n’a regardé que toi ! Même Mlle Pony et sœur Maria s’en sont rendu compte, j’en suis sûre !

- Peut-être Annie, mais j’ai un secret à te confier !

- Un secret !

- Oui Annie, quand tu as été adopté par les Brighton, j’ai rencontré un petit garçon sur la colline, j’ai cru d’abord que c’était un prince à cause de son costume et je l’ai appelé mon prince de la colline, toutes les nuits je rêvais de lui jusqu’à ce que je rencontre Anthony qui lui ressemblait tant.

- Et dis-moi…

- Eh bien aujourd’hui j’ai retrouvé mon prince, ce petit garçon c’était Albert !

- Mon dieu Candy  ! Comment le sais-tu ?

- Quand il est arrivé aujourd’hui il m’a joué la même mélodie et j’ai tout de suite su ! Puis il m’a dit que cette colline à lui aussi lui rappelait des merveilleux souvenirs d’enfance.

- Oh Candy  ! C’est si romantique ! Et maintenant qu’est-ce que tu éprouves pour lui ?

- Eh bien, Annie, c’est difficile à dire, tant de choses se sont passées depuis, il y a eu la mort d’Anthony, puis Terry…

- Mais voyons Candy  ! Terry est avec …

- Je sais Annie, mais je ne peux m’empêcher de toujours garder un tout petit espoir.

- Et gâcher un possible bonheur futur ?! Tu me déçois Candy  ! Je ne savais pas que tu pouvais laisser le passé te gâcher la vie ! Le ton de son amie si douce habituellement fut tellement réprobateur que Candy en tressaillit.

- Tu penses que Terry ne voudrait pas ton bonheur ?

- Annie…

- Non Candy , cette fois tu dois m’écouter, ne ferme pas ton cœur ou alors tu ne pourras jamais être heureuse, tu me le promets ?

- Oui Annie, je vais essayer. Il y a autre chose…

- Quoi d’autre encore ?

- Je ne sais pas si ce qu’éprouve pour moi Albert n’est pas simplement de l’amitié accompagnée de reconnaissance pour m’être occupée de lui quand il était malade.

- Oh Candy  ! Mais ouvre les yeux, crois-moi qu’Albert ne pose pas sur toi les yeux d’un ami. Même Archibald a remarqué !

- Archibald ?

- Oui ! Il m’a même emmenée sur la colline en disant, allons les rejoindre avant que ces deux-là ne fassent des bêtises !

Candy rougit jusqu’à la racine de ses cheveux. Ainsi c’est la façon dont on les voyait ? Déjà en Ecosse ce sont ses amis qui lui avaient fait remarquer pour Terry et une fois encore elle n’aurait pas su voir l’intérêt que lui portait un homme ?

- Candy , à partir de demain, je deviens ta conseillère !

- Ma conseillère ! Candy faillit s’étrangler.

- Oui Candy  ! Nous allons renouveler ta garde robe !

- Mais enfin Annie, je n’en ai pas besoin !

- Mais si Candy  ! Tu vas devoir affronter la famille Legrand et il faut que ta beauté les rendent tous muets. Et puis je suis sûre qu’Albert appréciera !

Une nouvelle fois, Candy rougit, elle n’avait jamais pensé à se faire belle pour Albert. Mais elle se souvint de la robe qu’il lui avait offerte près du lac après la mésaventure avec Neil. Peut-être avait-elle raison…

- D’accord Annie ! Mais maintenant dormons.

Et Candy et Annie se mirent au lit, comme lorsqu’elles étaient enfants. Et à nouveau Candy se mit à rêver de son prince des collines, un prince bien en chair et en os maintenant. Un prince qui était devenu un jeune homme séduisant. Elle se prit à rêver qu’il l’embrasse, tout comme l’avait fait Terry. Oh mon dieu Candy , que t’arrive-t-il ?

Chapitre II

L’annonce à la famille

Candy et Albert reprirent la route pour Chicago dans la voiture des Andrés, Georges le chauffeur, toujours discret, leur avait préparé tout ce qu’il fallait pour un pic-nique.

Ils s’arrêtèrent au bord d’un lac. Cela rappela à Candy leur dernier pic-nique. Albert lui avait dit : « Qu’il est bon de partager ce que l’on a avec ceux que l’on aime. » Et il lui avait fait promettre de partager ses pensées. Albert semblait détendu et apprécier ce moment de détente, il savait que lui aussi allait devoir affronter beaucoup de choses., renoncer à son mode de vie libre pour s’ occuper des affaires de la famille André n’était pas une mince affaire.

- Candy  ?

- Oui ?

- Nous allons organiser un grand bal, d’une part pour me faire connaître comme le grand oncle William, et d’autre part pour que les autres membres de ta famille puissent également te connaître.

- Est-ce bien nécessaire Albert ?

- Mais oui Candy , je le crois, c’est encore la façon la moins formelle que chacun se connaisse. Bien sûr, nous inviterons aussi Patty !

- Oh pauvre Patty, depuis qu’Alistairstair est mort, je ne pense pas vraiment qu’elle ait la tête à cela …

- Justement Candy , il faut l’aider à surmonter cette épreuve, te souviens-tu comment ton départ pour l’Angleterre t’a aidé à surmonter la mort d’Anthony ?

- Oui, c’est vrai, cela m’a fait énormément de bien, mais ici c’est différent Albert, les mauvais souvenir de Patty sont liés à Chicago.

- Eh bien il faut exorciser les démons, et d’ailleurs, je sais que s’il y a bien une personne capable d’aider Patty, c’est toi Candy . Tu es sa meilleure amie. Il suffira de ne pas lui laisser un instant de libre.

- D’accord Albert, tu as bien raison, on ne peut pas laisser Patty se morfondre toute sa vie, c’est bien assez triste qu’Alistairstair soit parti, il est grand temps qu’elle revienne parmi les vivants

- Je te reconnais bien là Candy  !

J’espère que d’aider Patty t’aidera à exorciser tes propres démons Candy …Ainsi en aidant les autres comme tu l’as toujours fait, peut-être arriveras-tu as oublier Terry avec le temps…

- Albert ?

- Oui ?

- Pour le bal…Il faut que nous trouvions un cavAlistairer à Patty !

- Mmm c’est vrai…Et pourquoi pas ton ami Tom ?

- Tom ne viendra jamais, c’est un Cow-boy Albert, il déteste les mondanités.

- Haha Candy  ! Ne sommes ne pas nous aussi pas très à notre place dans ce genre d’évènements ?

Candy rit, elle repensa à Terry qui l’avait surnommée Tarzan tâches de son. Puis elle repensa à la valse et se dit qu’elle aimait tant danser.

- Peut-être, mais j’aime danser.

- Tu as pensé à Patty mais pas à toi…Eh bien Candy , puisque tu aimes danser, peut-être accepteras-tu d’être ma cavAlistairère, si je ne suis pas trop vieux pour toi ?

- Oh Albert, ne soit pas idiot ! Tu as l’âge d’Anthony ! Enfin l’âge qu’il aurait…

- Donc c’est un oui ?

- Oui Albert, mais je ne savait pas que tu aimais danser ?

- Haha, seulement si tu ne danses pas comme tu cuisines !

- Albert !!!

Soudain Candy pensa qu’elle savait si peu de chose sur Albert, elle ne l’aurait jamais imaginé danser, ni même sachant danser. Ces nouveaux traits de sa personnAlistairté se dévoilaient peu à peu et semblaient tout-à-coup le rendre beaucoup plus jeune et peu à peu l’image d’un grand frère protecteur commençait à s’estomper. Ou alors peut-être était-ce elle qui devenait une femme ? cette idée laissa Candy perplexe.

- Tu rêves Candy  ?

- Haha, non, je me disais que le temps de mon enfance était déjà si loin…

- Ah Candy , mais chaque jour dois nous apporter quelque chose et il faut en profiter…

- Tu as raison Albert, même les épreuves que j’ai traversées m’ont beaucoup appris et toi tu m’as beaucoup aidé.

- Oui, ce qui ne nous tue pas nous renforce. Mais assez pensé au passé ! Maintenant il faut regarder vers l’avenir ! Et nous avons plein de travail devant nous !

- Nous ?!

- Mais oui, nous, haha, je suis bien incapable d’organiser un bal digne de ce nom à moi seul Candy , j’ai pensé que tu pourrais aussi m’aider.

- Oui bien sûr Albert, mais je ne sais pas si…

- Foutaises haha, un bal de Candy , je suis sûr, sera mille fois plus amusant qu’un de ceux de la tante Elroy

Ils rirent tous les deux à l’idée d’un bal organisé par la rigide tante Elroy. Qu’il était bon de rire à nouveau.

- Candy , je crains que nous ne devions y aller, il est déjà tard.

- Oui, bien sûr Albert. Mais où est-ce que tu vas loger maintenant ?

- Eh bien, je n’aime pas beaucoup la maison à côté de Chicago, sans compter que les Legrand y sont en permanence… Alors j’ai loué une petite maisonnette à côté du parc, tu pourras venir m’y voir quand tu veux ! On m’a fait comprendre qu’il n’était pas très convenable de partager l’appartement d’une jeune fille sans être mariés même si je suis…ton père adoptif. Les gens jaseraient, tu comprend ?

Candy se souvint comment les voisins avaient déjà commencé à jaser lorsqu’Albert avait recouvré la mémoire. Et aussi des difficultés qu’ils avaient rencontrées à trouver un appartement, sans l’intervention d’Alistair et Archibald, jamais ils n’y seraient arrivés. Ah Alistair, pensa-t-elle, comme tu me manques. Son soupir n’échappa pas à Albert. Mais il ne fit aucune remarque.

De retour à la maison, Candy se mit à écrire une longue lettre à Patty lui racontant tous les derniers évènements, depuis la découverte de qui était l’oncle William à la fête à la maison Pony. Candy termina sa lettre en invitant Patty à la rejoindre le plus tôt possible, elle ne mentionna ni le bal, ni les raisons de son invitation cependant, craignant que Patty n’hésite à venir. Puis elle s’allongea sur le lit et laissa ses pensées vagabonder. Elle repensa aux jours heureux où Anthony était encore là et au Prince des collines, elle n’arrivait pas encore à croire qu’Albert soit le prince des collines, et cependant c’était bien lui…Combien de fois avait-elle révé quand elle était enfant qu’il venait la chercher sur un magnifique cheval blanc comme Anthony et l’emmenait loin de chez les André. Un instant, un bref instant Terry vint troubler ses pensées…Non, Terry, je ne veux pas être triste ce soir, je ne veux pas penser à toi, ce weekend a été si parfait…Je ne veux pas être triste.

Le lendemain matin, Albert convoqua Georges dans son bureau.

- Georges je voudrais que vous contactiez les avocats et qu’ils trouvent un moyen légal pour que Candy ne soit plus ma pupille mais reste mon héritière.

- Bien Monsieur William, autre chose ?

- Oui, Candy et moi avons rendez-vous avec la famille proche ce soir, pourriez-vous accompagner Candy en ville afin qu’elle fasse les magasins ? Je n’ai confiance qu’en vous Georges, ce maudit Neil doit encore préparer un mauvais coup et je préfère ne pas la savoir entre ses griffes.

- Bien sûr Monsieur.

Annie était déjà là lorsque Georges passa les chercher.

- C’est vous Georges ? Mais que faites-vous là ?

- Mr William m’a demandé de vous accompagner pour vous emmener faire les magasins.

- Mais pourquoi Georges, il craint qu’on ne se perde ? Haha !

- Non Mademoiselle Candy , il craint que Monsieur Neil ne vous importune à nouveau.

- Oh la barbe…Maudit Neil ! Maintenant, à cause de lui, je ne vais plus pouvoir faire un pas toute seule.

- Mais, voyons Candy , Albert a raison, il t’a tout de même enlevée et enfermée une fois !

- Mais j’ai réussi à m’échapper, tu vois bien puisque je suis là !

- Oh Candy  ! Tu ne changeras jamais, je continue à croire que ce Neil est méchant et dangereux !

- Et moi je me moque de Neil, qu’il aille au diable lui et son mariage !

Candy avait parlé à voix haute, sans se douter qu’à deux pas de là, Neil en personne les observait. Ah la peste, pensa-t-il, que j’ai l’accord du vieil oncle William ou non je finirai par l’épouser ! D’ailleurs j’ai déjà même une petite idée là-dessus. Et pendant qu’Annie et Candy choisissaient gaiement des tenues pour sa présentation auprès d’Albert pour le bal…Hélas, Neil préparait un nouveau plan machiavélique qui allait une fois de plus mettre Candy dans une situation désespérée.

- Regarde Candy  ! Cette robe ! Elle a la couleur de tes yeux ! Oh Candy , prends là ! je t’en prie !

- C’est vrai qu’elle est très belle Annie, mais regarde ces fines bretelles, ne pense tu pas que ce soit un peu osé ?

- Mais non Candy  ! Tu seras magnifique dans cette robe !

- Je ne sais pas Annie…

- Tu m’as acceptée comme conseillère Candy  !

- C’est vrai Annie…Je vais finir par le regretter hahaha !

Les deux amies finirent leurs achats dans la bonne humeur puis allèrent manger une glace sur une terrasse où Georges les attendait.

- Dis-moi Annie, j’ai invité Patty pour le bal, mais elle n’en sait rien, par contre, il faut absolument qu’on lui trouve un cavalier ! Tu connaîtrais quelqu’un ?

- Je sais qu’Archibald a beaucoup d’amis à la fac, mais il faudrait quelqu’un qui puisse faire oublier un peu Alistair à Patty…

- Oui, quelqu’un de gentil et un peu farfelu peut-être, non, cela lui rappellerait Alistair…

- Mon dieu Annie Patty est notre amie et je n’ai pas la moindre idée de quel genre de garçons qu’il lui plaît.

- Je demanderai à Archibald dès ce soir. Quand a lieu le bal ?

- Il est prévu pour samedi, et je dois tout organiser, oh la la ! L’heure tourne et je n’ai même pas envoyé les cartons d’invitations !

- Ne t’inquiète pas Candy , je vais prendre un fiacre pour rentrer !

- Merci Annie ! Tu me sauves ! Diable, il semblerait qu’organiser un bal prenne plus de temps que de soigner cinquante malades !

Pendant que Candy préparait ses cartons d’invitations Georges était parti à d’autres occupation.

Qu’est-ce que je vais bien pouvoir écrire ? « Cher ami » Oh zut, trop familier ! « cher parent, cher ami » Zut zut zut et rezut, pourquoi est-ce si difficile de faire de simples cartes d’invitation !!!! En plus elle ne pouvais même pas se tromper vingt fois car sinon il n’y aurait jamais assez de cartons à entête de la famille André !

Trois heures plus tard, Candy avait enfin fini ses invitation, rouge comme une pivoine, les cheveux en bataille, on eut crû qu’elle venait de courser une bande de galopin. Candy se regarda dans le miroir.

Oh la la ! Quelle tête ! Je mérite bien le surnom de Tarzan aujourd’hui, puis elle se fit une grimace à elle-même et décida de prendre une douche. Candy ne s’était jamais maquillée, mais Annie lui avait fait choisit un léger rouge à lèvres rose pâle et un peu de blush qui réhausserait son teint de porcelaine. Elle mit la jolie robe vert émeraude qu’Annie lui avait fait acheter et dut bien constater que le résultat était au dessus de ce qu’elle pensait, ce n’était plus elle qu’elle voyait dans le miroir, mais une ravissante jeune fille élancée dont le teint était mis en valeur par la couleur de la robe qui allait si bien avec ses yeux. Elle décida de ne pas attacher ses cheveux mais les coiffa simplement en arrière avec un ruban vert assorti à la robe. Il manque quelque chose se dit-elle, mais quoi ? Elle était en train de réfléchir quand on frappa à la porte. C’était Albert…Albert resta sans voix à la vue de Candy .

Mon dieu, C’est la plus jolie jeune fille que je n’ai jamais vue, et cette robe…Mon dieu qu’elle est désirable… Oh Candy , ne vois-tu pas que je suis en train de tomber désespérément amoureux de toi ? Que je brûle de te serrer dans mes bras…

- Oh Albert ! Des roses ! Mais pourquoi ? Il ne fallait pas ! Ce n’est pas mon anniversaire !

Il se reprit.

- Mais Candy , faut-il seulement faire plaisir à ses amis aux anniversaires ? De plus je sais que tu adores les roses et comme tu n’as pas de jardin ici, j’ai pensé que cela te ferait plaisir !

- Bien sûr Albert !!!

- Elle plongea un bref instant son visage dans le bouquet et voyagea très loin dans le passé, la maison aux mille rosiers.

- Ah oui Candy , avant que je n’oublie, je t’ai apporté ceci.

- Qu’est-ce que c’est ?

- Ouvre l’écrin !

- Mais ce sont des bijoux !

- Oui, Candy , ce sont les bijoux de ma sœur, je ne t’ai jamais vue porter de bijoux et vous avez les même yeux, ils ne pourraient aller à personne d’autre que toi !

- Mais enfin Albert…je ne peux pas …Ils sont si beaux !

- Pas de discussion Candy  ! Je t’en prie, ses bijoux pourront renaître gràce à toi.

Candy regarda les magnifiques parures, elles étaient en émeraudes, de la même couleur que ses yeux et sa robe, elles étaient à la fois sobres et raffinées et d’une grande délicatesse. Albert l’aida à passer le collier et le bracelet les doigts tremblants.

- Mais Albert, tu trembles !!!

- Hahaha, non Candy , je suis seulement un peu ému de revoir ces bijoux, jamais je n’aurais crû voir quelqu’un les reporter un jour…

Cette fois-ci Candy rougit franchement et baissa les yeux afin qu’Albert ne puisse y lire des émotions qui pourraient la trahir. Mais elle ne dit rien. Le blush…merci Annie, au moins tes conseils m’ont évité d’être embarrassée. Sur la route conduisant à la demeure familiale, Candy resta très pensive…Mon dieu, Albert…ce cadeau est princier, c’est le genre de cadeau que l’on offre à une fiancée…et comme tes mains tremblaient…Qu’est-ce qui nous arrive ? J’ai l’impression de trahir Terry. Mais je n’ai rien fait ? Mon dieu Terry, pourquoi ne viens-tu pas me sauver ? Je suis en train de tomber amoureuse de l’oncle William ! D’ Albert ! Je ne peux pas faire ça !

- A quoi penses-tu Candy  ?

- Je pense que nous sommes vraiment les meilleurs amis du monde Albert, répondit-elle avec un sourire angélique.

- C’est vrai Candy , nous serons toujours, quoi qu’il arrive les meilleurs amis du monde.

Mais pourquoi rougit-elle en disant cela … Ses paroles ne semblent pas refléter ses pensées…Ah Candy , mon royaume pour la clé de tes pensées…

La famille André au grand complet était réunie dans le grand salon de la demeure. La grand tante Elroy semblait nerveuse. Eliza et Neil étaient à la fenêtre et attendaient avec impatience ce vieillard qu’ils n’avaient jamais vu. Enfin la voiture arriva. Georges aida Candy à sortir et Albert la suivit. Neil s’exclama :

- Mais je rêve ! Regarde Eliza ! C’est Candy  ! Et avec ce vagabond ! Je croyais qu’il était parti sans laisser d’adresse !

- Je vois bien Neil ! Quel honte ! Qu’est-ce que cette fille de ferme a encore imaginé ! Elle pensait sans doute pouvoir ramener ce traine-savate pour qu’il puisse manger à sa faim ?! Je vais de ce pas l’arrêter

- Non laisse ! dit Neil, Laisse là venir ici avec lui, ça n’en sera que plus amusant quand le grand oncle William verra ce pour quoi Candy refuse de m ‘épouser.

- Hahaha, tu es absolument génial Neil.

Archibald et Annie, pas très loin, avaient entendu la conversation et Annie devait pincer Archibald pour qu’il n’éclate pas de rire. Enfin le grand moment arriva, le majordome annonça : « Monsieur William, Albert André et sa pupille, mademoiselle Candice Neige André ». Tout le monde se tût. Albert, Candy à son bras entrèrent dans le salon et firent sensation. Neil s’exclama :

- Ce n’est pas possible !

- Neil, silence je te prie ! Lui imposa la grand tante.

On entendit de nombreux commentaires :

- Enfin voilà le fameux oncle William !

- Je reconnais cette petite, n’était-ce pas elle qui nous avait été présentée avant la chasse à courre d’automne ?

- Diable, c’est devenu une jeune femme magnifique !

- Je dirais même qu’elle a tout l’air d’une jeune fille accomplie…

- Ce collège Saint Paul fait vraiment des merveilles !

- Ne porte-t-elle pas les bijoux de feux Mme Brown ? Le mère d’Anthony ?

- Mais si ! Je reconnais cette parure !

- Et quel prestance ce William !

- Oui, et il est célibataire semble-t-il, les jeunes filles de bonnes familles vont toutes tomber amoureuses de lui.

- Oh ma chère ! Comme vous y allez, haha n’oubliez pas que vous êtes mariée.

Eliza était verte de rage : La chipie ! La chipie ! Oser venir à son bras ! Porter des bijoux de famille ! J’enrage, j’enrage ! Elle fit mine de partir mais sa mère la ratrappa par le bras…

- Allons Eliza, un peu de retenue s’il te plait, n’oublie pas que cet homme est le grand oncle William !

Eliza serra les dents. De son côté Neil commençait à comprendre…C’était donc cela ! Ce vagabond n’était alors que le grand oncle ! Et tout s’expliquait maintenant, voilà pourquoi il a fait publier un démenti concernant nos fiançailles. Je vois bien comment il la regarde ! Tu parles d’un père adoptif ! Il la veut pour lui seul ! mais je ne le laisserai jamais faire ! Candy deviendra ma femme ou la femme de personne !

De son côté Archibald était muet d’admiration, il ne pouvait détacher son regard de la fascinante créature vêtue de vert, dont la robe soulignait chaques courbes avec un telle élégance. Archibald avait toujours été sensible à la beauté et à l’esthétique, et Candy dépassait tout ce qu’il avait pû imaginer…Quel veinard cet Albert pensa-t-il. Ah Alistair, si tu avais pu voir ça, notre Candy , notre garçon manqué à tous les deux, devenue une femme belle à vous couper le souffle maintenant, et toi Anthony ! Tu te serais déjà battu vingt fois pour elle, et ce fichu anglais n’aurait jamais ravi son cœur…Archibald fût pris de regrets à la pensée qu’il avait été un jour sur le point de lui avouer son amour et en gentleman, il avait décidé de ne pas briser le cœur de la douce Annie, Annie si réservée, si introvertie, à qui tout semblait faire peur…Reprends-toi Archibald, Candy t’as toujours considéré comme un ami, il y avait peu de chance pour que…

La soirée s’anima, on passa à table. Candy qui n’avait pas l’habitude du vin, se sentit grisée très vite. On mit de la musique et on demanda à Albert d’être le premier à danser. Il alla chercher Candy qu’Archibald et Annie accaparaient.

- Tu veux danser Candy  ? Ce serait un excellent entraînement pour samedi…

- Haha ! Tu as décidément peur pour tes pieds à ce que je vois !

- Oui Candy , je dois l’avouer haha.

Elle le prit par le bras et il commencèrent à danser dans la grande salle.

Candy sentait la chaleur des doigts d’Albert au travers du fin tissu de la robe, cette chaleur semblait envahir tout son corps. De son côté Albert, tenant ce corps chaud et souple qui se laissait guider avec confiance, sentait son cœur battre très fort, il n’osait rien dire, de peur de briser la magie. Tous les yeux étaient braqués sur eux. Cela rappela à Candy une autre soirée, un autre jeune homme, mais cette fois, c’était son prince…

Dieu qu’elle était belle, ses cheveux fins flottaient, elle flottait…Et Candy que le vin avait quelque peu grisée, s’abandonnait entièrement à cette danse où Albert la faisait tourner, tourner… elle aurait à cet instant voulu tout oublier. On entendit de part et d’autres : ils forment vraiment un très beau couple, ne pensez-vous pas ? Ce qui fit s’étrangler Eliza avec son champagne. Neil de son côté était sombre et silencieux, il échafaudait déjà sa vengeance. Les valses avaient donné si chaud à Candy qu’elle alla prendre l’air sur le balcon, elle souriait... Albert la rejoint avec deux coupes de champagne.

- Eh bien douce Candy , cette soirée te plait ?

- Oui Albert, elle me plait beaucoup, c’est comme dans un rêve, je voudrais tout oublier…valser, valser, jusqu’à ce que tous mes mauvais souvenirs s’évanouissent.

- Eh bien Candy haha n’aurais-tu pas bu un peu trop de champagne ?

Ses yeux brillaient et ses joues étaient roses de plaisir…

- Peut-être Albert haha.

- Dis-moi Candy …Il effleura sa main doucement en lui donnant sa coupe, veux-tu que nous portions un toast qui ne sera entendu que par les étoiles ?

- Oui Albert…

- Et bien portons un toast au bonheur présent et puisse-t-il être suivi de milliers de petits bonheurs à venir comme les étoiles qui parsèment le ciel en Août.

- Au bonheur présent Albert !

- Candy , je ne peux pas m’empêcher de te le dire maintenant, j’ai essayé de me retenir toute la soirée, mais je ne peux plus…

- Quoi Albert ?

- Candy , ce soir, cette nuit, tu es d’une beauté si magique que j’en ai le souffle coupé, tu as la grâce d’un ange paré de mille diamants qui étincellent dans tes yeux.

- Albert…

Albert était si proche, ses yeux plongés dans les siens…

- HAHAHA Ecoutez-moi ça ! Les tourtereaux ! Eh bien Mr William Albert André, je comprends mieux maintenant pourquoi tu m’as fait rompre mes fiançailles avec Candy  ! Quel scandale pour la famille ! N’oublie pas Albert que vous êtes parents et parents très proches!!!

C’était Neil, ivre, qui avait tout vu de la tendre scène. Albert vit Candy pâlir sous le sarcasme. Il la reconduit auprès d’Annie lui disant de s’occuper d’elle.

Puis il retourna sur le balcon où Neil se tenait encore, ferma précautioneusement les fenêtres derrière lui de façon à ce que cette fois personne ne puisse le surprendre.

- Neil Legrand ! Nous allons régler ça entre hommes !

- Haha ! Entre hommes ! Quel honneur Mr William ! A l’épée? Au pistolet?

- Je ne plaisante pas Neil ! Toute ta vie tu as persécuté cette pauvre Candy , et tu voudrais qu’elle t’aime ? Il est temps que tu payes pour tes méfaits !

- Toi non plus elle ne t’aimeras jamais ! Tu te fais des illusions ! Elle est encore amoureuse de son acteur raté.

- Viens avec moi Neil, nous allons descendre et régler ça en gentlemen.

- Quel gentleman ? Je ne vois ici qu’un vagabond qui se prend pour un milliardaire !

Albert attrapa Neil par le col et le força à descendre. Ils commencèrent à se battre.

- Alors Neil ! C’est moins facile que d’harceler une jeune fille, n’est-ce pas ?

- Je te hais William ! Tu n’as pas le droit, j’aime Candy  !

- Candy ne t’appartiens pas Neil ! Et à moi non plus !

Albert continuait à lui asséner des coups de poings et avait le dessus.

- Je ne te laisserai que lorsque tu diras que tu vas laisser Candy tranquille une bonne fois pour toute !

- Jamais ! Je préfère mourir !

Un lumière s’alluma.

- Que se passe-t-il ici ?

C’était la grand tante Elroy…

- Rien ma tante, j’ai décidé de régler au pugilat un différent de plusieurs années avec Neil.

- Mais enfin Albert, pensez à votre rang je vous prie. Regardez ce pauvre Neil dans quel état il est ! Et quelle est la cause de cette dispute ?

- C’est Candy , grande tante !

- Encore cette Candy  ! J’aurais dû m’en douter, partout où elle passe elle sème la zizanie.

- Maintenant ma tante, c’est à mon tour de vous dire quelque chose. En tant que chef de famille, je ne vous permets plus à l’avenir de parler de la sorte de Candy , c’est grâce à elle si je suis ici aujourd’hui.

- Grâce à elle ? Expliquez-vous mon neveu ! La tante Elroy haussa les sourcil d’un air surpris.

- Une autre fois ma tante, pour l’instant je n’en ai pas fini avec Neil.

Il se retourna mais Neil avait disparu. Toujours aussi courageux, pensa Albert. Il alla se rafraîchir puis regagna la soirée comme si rien ne s’était passé. Ce maudit Neil ! ce maudit Neil ! Pourvu que Candy ne soit pas trop affectée ! Candy avait repris des couleurs mais semblait lasse.

- Albert, pouvons-nous rentrer s’il te plait ? Je suis fatiguée.

- Bien sûr Candy , je vais demander à Georges d’aller chercher la voiture.

De toute évidence, les mots de Neil avaient blessé Candy et un mur s’était déjà élevé autour de son cœur. Combien de temps faudrait-il à nouveau pour que la jeune fille se laisse à nouveau aller à de tendres émotions… ?

- Candy  ?

- Non, Albert, ne dis rien, ce Neil est un personnage abominable, méchant et qui n’a de cesse de m’empoisonner la vie.

- Je ne le laisserai pas faire Candy . Candy , regarde-moi !

Candy leva les yeux vers lui.

- Candy , tout ce que je t’ai dit ce soir était sincère, j’ai surmonté bien des obstacles dans ma vie, je te jure que je te protègerai de Neil.

- Oh Albert…

Candy fondit en larmes dans ses bras, il l’enserra doucement et lui caressa les cheveux. Douce Candy , tu ferais damner un saint, mon dieu, donnez-moi la force de résister, il est trop tôt, elle n’est pas prête. Son cœur n’est pas encore guéri…

Candy se sentait tellement bien, tellement en sécurité dans les bras d’Albert, ce doux refuge. Mais elle sentait aussi son parfum au musc et la chaleur de son corps au travers de sa chemise. Elle voulait tant tout oublier…

La voiture les berçait, ils étaient ainsi enlacés comme pourraient l’être deux amoureux, le chemin était long jusqu’à Chicago…Candy s’assoupit, épuisée des émotions de la journée. Elle se blottit davantage contre lui…Mon dieu Candy , je ne suis qu’un homme…aies pitié de moi ! Sa tête reposait sur l’épaule d’Albert, ses lèvres étaient si proches, si proches…Il s’enivrait de son souffle contre sa joue…il respirait son parfum de rose profondément comme s’il voulait ne jamais l’oublier…Jamais ses lèvres n’avaient été aussi proches…Quel supplice ! Et bien qu’il haïsse Neil, il pouvait comprendre et une partie de lui-même avait pitié de lui.…Qui n’était pas tombé amoureux de Candy  ? Anthony,Alistair, Archibald, Neil… tous les jeunes hommes de la famille André... Sans oublier Terry. Elle était fascinante, de par son apparence, mais ce qui attirait le plus c’était encore sa personnalité : pure, douce, pleine de vie, généreuse…Oh Candy , je bascule dans un amour si profond que je ne pourrai plus jamais faire marche arrière. J’ai pourtant tant lutté pendant toutes ces années! Son visage se tourna davantage vers lui…Il n’aurait eu qu’à tourner très légèrement la tête et leurs lèvres se toucheraient, il ferma les yeux, …se laissa lui aussi bercer par la voiture, attiré irrésistiblement par ces lèvres si proches…il n’ouvrait pas les yeux, il ne voulait pas voir, seulement la sentir…Il respirait sa peau, son parfum…Tout son être basculait dans une douce chaleur…Il plongeait dans une quiétude jamais éprouvée jusqu’alors, une quiétude mêlée d’un immense bien-être qui envahissait tout son corps…Albert sortit de cette bienheureuse torpeur quand la voiture s’arrêta. Candy se réveilla en sursaut.

- Où on est Albert ?

- Devant chez toi Candy . Tu as bien dormi ?

- Merveilleusement, je crois que la voiture m’a bercée!

- Oui, moi aussi je me suis assoupi.

- Bon, jeune fille il est l’heure d’aller dormir !

- Oui Tonton William ! Elle lui tira la langue.

- Un peu de respect pour ton vieil oncle je te prie !

- Haha ! Bonne nuit Albert !

- Bonne nuit Candy  !

Candy rentra chez elle, soudain elle n’avait plus du tout sommeil. Les paroles de Neil revenaient sans cesse dans sa tête. N’oubliez pas que vous êtes parents très proches…Non, elle ne voulait plus d’un amour impossible comme avec Terry. Quelle cruauté du sort, c’est au moment où elle se rendait compte qu’elle s’était profondément attachée à Albert qu’elle avait découvert qu’il était son tuteur ! Candy était complètement désemparée, non seulement elle aimait encore Terry, mais elle commençait aussi à être amoureuse d’Albert et pour comble, c’était un amour qui ne pourrait jamais éclore ! Elle secoua la tête. Allons Candy  ! Tu na vas pas te laisser aller à de si négatives pensées ! Ton amie arrive probablement demain et il faut que tu soit forte !

Une fois dans le lit bien douillet cependant, ses pensées revinrent à Terry, à son baiser, à Terry qui l’avait enlacée une toute dernière fois en pleurant…puis elles glissèrent lentement vers Albert, ce voyage en voiture enlacés…Il était si proche…Elle sentait encore son souffle chaud contre sa joue…cette sensation enivrante…Et Candy s’endormit dans un sommeil plein de rêves où tous les amours de sa vie se confondaient, c’était Albert qui était en Ecosse avec elle et lui jouait de la cornemuse…Mais où était donc Terry ???


Fin chapitre 1 et 2

© Christelle 2007